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L’Infuserie

Théières en verre

Une théière en verre vous montre l'infusion pendant qu'elle se fait.

La couleur monte, les feuilles se déplient, et vous versez quand la teinte vous convient plutôt que quand le minuteur sonne.

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4 résultats affichésTrié par prix croissant

C'est la seule matière qui vous donne cette information en direct, et c'est aussi la raison pour laquelle on rate moins souvent son thé : l'amertume d'une infusion trop longue se voit venir dans la carafe avant d'arriver dans la tasse.

Le reste se joue à table. Une théière de 950 ml remplit quatre tasses de 200 ml, ce qui veut dire trois personnes servies deux fois sans se relever, ou deux personnes qui parlent longtemps. Une 350 ml, c’est une tasse et un fond, pour la personne qui lit seule le dimanche matin. Entre les deux, la boutique propose d’autres contenances, et le choix se fait presque toujours sur ce chiffre-là : combien on est, et combien de fois on ressert.

Le verre borosilicate, lui, n’a pas été pensé pour la table. C’est un verre technique, celui des béchers, des plats à four et des tubes de laboratoire, retenu parce qu’il encaisse un écart de température sans se fendre. La théière transparente lui doit sa forme : parois fines, couvercle large, panier qu’on retire. Le geste, en revanche, est ancien. Dans le service gongfu, on fait passer le thé par un pichet de partage avant de servir, pour que la dernière tasse ait la même force que la première. Une théière en verre à filtre amovible fait exactement ce travail, en un objet au lieu de deux.

Ce que le verre change dans la tasse

Trois choses, et elles sont mesurables à l’usage plutôt qu’au chronomètre.

Vous pilotez l’infusion à l’œil. Un thé vert japonais vire du translucide au jaune paille en moins de deux minutes ; un pu-erh passe à l’acajou en quelques secondes. Dans une fonte ou une porcelaine, vous devinez. Dans du verre, vous décidez. Sur les thés fragiles, c’est ce qui sépare une infusion ronde d’une infusion âpre.

Le matériau ne garde rien. Le verre n’est pas poreux. Un jasmin infusé le matin ne laisse pas sa trace dans le lapsang du soir, à condition de rincer la théière à l’eau chaude entre les deux. Sur une fonte non émaillée ou une terre non vernissée, la question se pose autrement : ces matières se culottent, et beaucoup d’amateurs leur dédient un seul type de thé. Une théière en verre reste polyvalente toute sa vie.

Vous voyez ce que vous buvez. Ce n’est pas qu’esthétique. Une eau trop calcaire dépose un voile visible, un thé de mauvaise qualité montre ses poussières, un panier trop plein montre que les feuilles n’ont pas bougé. Le verre est un objet honnête, y compris quand ce qu’il révèle ne fait pas plaisir.

Le verre borosilicate, et pourquoi tout le monde en parle

C’est un verre dont la composition est publiée et vérifiable. La silice y représente 70 à 80 %, l’oxyde de bore 7 à 13 %, le reste se partageant entre oxydes alcalins, alumine et oxydes alcalino-terreux. Son coefficient de dilatation thermique est de 3,3 × 10⁻⁶ K⁻¹, soit environ 40 % de celui d’un verre à vitre ordinaire.

Ce dernier chiffre est le seul qui compte vraiment quand on verse de l’eau bouillante. Un verre se casse sous choc thermique parce que la face chaude se dilate plus vite que la face froide, et que la matière ne supporte pas cet écart interne. Diviser le coefficient de dilatation par deux et demi divise d’autant la contrainte pour un même écart de température. Voilà pourquoi une théière en borosilicate accepte l’eau frémissante quand un verre de table se fend.

Deux précisions qu’on lit rarement. D’abord, cette résistance concerne le choc thermique, pas le choc mécanique : le borosilicate ne rebondit pas mieux qu’un autre verre sur un carrelage. Ensuite, la résistance dépend de l’épaisseur des parois et de la géométrie autant que de la matière. Une paroi soufflée fine chauffe de part en part presque instantanément, donc l’écart interne reste faible ; une paroi épaisse est plus solide au choc mais plus sensible au différentiel. Il n’y a pas de bon réglage universel, il y a un compromis assumé à la fabrication.

Chauffe directe, induction, micro-ondes

Trois questions distinctes, souvent mélangées.

Sur une plaque ou une flamme. Certaines théières en verre borosilicate sont conçues pour chauffer l’eau directement, avec un fond plat et sans partie collée. Aucune des références de cette catégorie n’est vendue pour cet usage : ce sont des théières d’infusion, pas des bouilloires. On y verse de l’eau déjà chaude. Si vous cherchez un objet qui chauffe l’eau et infuse ensuite, regardez plutôt du côté de la théière en fonte, où la question du tetsubin se pose sérieusement.

Induction. Le verre n’est pas ferromagnétique. Une plaque à induction ne le chauffe pas, quel que soit le verre. Les théières en verre présentées comme compatibles induction le sont grâce à un disque métallique rapporté au fond ; aucune des nôtres n’en a.

Micro-ondes. Le métal ne passe pas au micro-ondes : nos théières ont un infuseur métallique, et plusieurs un couvercle à jonc métallique. La règle pratique : on peut réchauffer le contenu au micro-ondes après avoir retiré le panier et le couvercle, pas avec. Un panier en inox oublié dans l’appareil provoque des arcs électriques. Nous ne recommandons pas la manœuvre de toute façon : un thé réchauffé au micro-ondes développe de l’amertume, et il vaut mieux réinfuser.

La chaleur : le point faible du verre, dit franchement

Le verre isole mal. Une paroi fine et transparente évacue la chaleur bien plus vite qu’une paroi de fonte de plus d’un kilo. C’est le prix de la transparence, et rien ne permet de le contourner.

Maintenant, la question que tout le monde se pose : combien de temps le thé reste-t-il chaud ? La réponse tient à quelques paramètres, que voici.

La masse d’eau compte plus que tout : 950 ml refroidissent nettement moins vite que 350 ml, parce que le rapport entre le volume et la surface d’échange est plus favorable. La température de la pièce compte ensuite. Le couvercle compte beaucoup, car la plus grosse partie des pertes se fait par évaporation à la surface. Le préchauffage compte aussi : verser un fond d’eau chaude, faire tourner, jeter, puis infuser évite de céder les premiers degrés aux parois froides. C’est trente secondes de geste, et c’est de loin le levier le plus efficace.

Le réchaud à bougie est l’autre réponse classique. Un support avec une bougie chauffe-plat sous la théière maintient une température de service sans faire bouillir. Deux réserves honnêtes : le thé continue de s’extraire s’il reste des feuilles dedans, donc on retire le panier avant de poser sur le réchaud ; et une flamme sous une théière posée de travers reste une flamme dans une cuisine. Nous ne vendons pas de réchaud à ce jour.

Les cinq familles de filtres, et ce qu’elles changent

Le filtre est le vrai critère de choix d’une théière en verre, avant la forme et avant le prix. Il décide de la place laissée aux feuilles, donc du goût.

Le panier en acier inoxydable

Un cylindre perforé qui descend dans la théière, suspendu au col, retiré à la main quand l’infusion est faite. C’est ce que portent nos références. Avantage : les feuilles ont un volume propre pour gonfler, et surtout, l’infusion s’arrête vraiment quand vous sortez le panier. Inconvénient : le panier occupe une partie du volume intérieur, et il ruisselle quand on le retire, donc il faut avoir prévu une soucoupe.

Le piston

Le même principe qu’une cafetière à piston, avec une grille qu’on descend. Les feuilles restent dans l’eau, sous la grille. L’extraction ne s’arrête donc jamais complètement, ce qui convient à un thé noir corsé qu’on boit vite et beaucoup moins à un vert japonais.

Le filtre en verre amovible

Un panier en verre percé, dans le même matériau que le corps. Esthétiquement, c’est le plus cohérent, et il n’y a aucun goût métallique possible. En pratique, les perforations d’un filtre en verre sont plus larges que le maillage d’un panier inox : les brisures et les poudres passent. Bon pour de grandes feuilles entières, moins bon pour un thé de qualité courante.

Le filtre intégré devant le bec

Une grille ou une série de trous à la naissance du bec verseur. Les feuilles nagent librement dans toute la théière, ce qui est le meilleur cas pour l’infusion, et rien ne les retient au moment de servir. Le revers : on ne peut pas interrompre l’extraction sans transvaser, et le nettoyage d’une grille collée au verre est fastidieux.

Sans filtre du tout

La théière devient un pichet de partage. On infuse ailleurs, on transvase, on sert. C’est la logique gongfu, et c’est parfait si vous possédez déjà un infuseur à thé ou une petite théière d’infusion. Aucune de nos références n’est vendue sans filtre.

Volume annoncé et volume utile : le décalage que personne n’écrit

La contenance affichée d’une théière est un volume maximal, mesuré bord à bord, couvercle enlevé. Personne n’infuse comme ça. Vous perdez de l’eau de trois façons : l’espace laissé sous le couvercle pour que rien ne déborde quand on verse, le volume occupé par le panier plongé dans l’eau, et le fond qui reste au moment du service.

Sur une théière à panier suspendu, comptez que la contenance annoncée est plus généreuse que ce qui arrive réellement dans les tasses. La règle pratique tient en une phrase : si vous voulez servir quatre tasses de 200 ml, prenez une 950 ml plutôt qu’une 800 ml.

Combien de tasses, et pour combien de personnes

Nous comptons partout sur le site avec une tasse de 200 ml, parce qu’il faut une référence et que celle-ci correspond aux tasses de service courantes. Un mug est souvent plus grand, un bol de thé japonais plus petit.

Contenance Tasses de 200 ml Situation
350 ml 1 tasse et un fond Une personne, une infusion, sans rab
400 ml 2 tasses Une personne qui se ressert une fois
550 ml 2 tasses Deux personnes, un service
780 ml 3 tasses Deux personnes, avec un rab pour l’une
800 ml 4 tasses Deux personnes servies deux fois
850 ml 4 tasses Trois personnes, un service et demi
950 ml 4 tasses Trois à quatre personnes, un service
1000 ml 5 tasses Table de quatre, ou deux personnes qui restent longtemps

Le calcul est une division, pas une promesse : les valeurs sont arrondies à l’entier inférieur et ne tiennent pas compte du décalage entre volume annoncé et volume utile expliqué juste au-dessus. Prenez-les comme un plancher.

Les théières en verre de la boutique, cotes et poids compris

Aucun de nos concurrents ne publie ce tableau. Une précision importante : retenez le plus grand des trois chiffres comme encombrement maximal, et mesurez votre étagère avant de commander.

Modèle Contenance Trois cotes en cm Poids à vide Poids en service
Forme carafe 350 ml 8,5 × 8,5 × 8,5 129 g 479 g
Forme tour 350 ml 7,5 × 7,5 × 11,5 209 g 559 g
Forme perle compacte 400 ml 11 × 11 × 10 171 g 571 g
Forme perle haute 400 ml 18 × 11 × 10,5 260 g 660 g
Contemporaine 550 ml 14 × 15 × 11 310 g 860 g
Forme tour 780 ml 9,5 × 9,5 × 15 301 g 1 081 g
Forme perle 800 ml 13 × 13 × 12 292 g 1 092 g
Perle nervurée transparente 850 ml 19 × 18 × 14 339 g 1 189 g
Perle nervurée anthracite 950 ml 18 × 17 × 13 290 g 1 240 g
Forme carafe 950 ml 12 × 12 × 16,5 293 g 1 243 g
Avec panier vapeur, anthracite 1000 ml 12,5 × 19 × 18 540 g 1 540 g

Le poids en service est le poids à vide auquel nous ajoutons la masse d’eau correspondant à la contenance annoncée, un millilitre d’eau pesant un gramme. C’est ce chiffre-là que votre poignet supporte au moment de verser, et c’est celui qu’aucune fiche produit ne donne jamais.

Le poids, et pourquoi il décide plus souvent qu’on ne croit

Une théière trop lourde finit au fond du placard. Une théière trop légère se renverse. Entre les deux, l’écart est réel : de 129 g à 540 g à vide selon le modèle. Un rapport de plus de quatre.

Rapporté au volume, le classement se retourne. Voici la quantité de verre par 100 ml de contenance, calculée à partir des chiffres du tableau précédent.

Modèle Contenance Verre par 100 ml
Perle nervurée anthracite 950 ml 30,5 g
Forme carafe 950 ml 30,8 g
Forme perle 800 ml 36,5 g
Forme carafe 350 ml 36,9 g
Forme tour 780 ml 38,6 g
Perle nervurée transparente 850 ml 39,9 g
Forme perle compacte 400 ml 42,8 g
Avec panier vapeur 1000 ml 54,0 g
Contemporaine 550 ml 56,4 g
Forme tour 350 ml 59,7 g
Forme perle haute 400 ml 65,0 g

Lecture rapide : les grandes théières sont proportionnellement plus légères, ce qui est normal, le volume grandit plus vite que la surface. Les deux extrêmes sont intéressants pour un acheteur. La perle haute de 400 ml, à 65 g de verre pour 100 ml, est un modèle charpenté : parois généreuses, base stable, l’objet qu’on manipule sans y penser. La perle nervurée anthracite de 950 ml, à 30,5 g, offre beaucoup de contenance pour peu de poids : à table, elle se sert d’une main.

Et si vous hésitez à cause du poignet, regardez la colonne « poids en service » plutôt que le poids à vide. Un objet de 290 g devient un objet de 1 240 g dès qu’il est plein. En service, le poids va de 479 g à 1 540 g selon le modèle : un facteur trois.

Est-ce que ça rentre chez vous

La plus grande cote du tableau est de 19 cm, sur plusieurs modèles : la perle nervurée transparente de 850 ml et la théière à panier vapeur de 1000 ml. La forme tour 350 ml, 7,5 cm sur 7,5 au sol, tient dans la main et sur un coin de bureau. La forme carafe 350 ml est un cube de 8,5 cm de côté.

Deux conseils concrets. Pour un rangement en hauteur, mesurez d’abord l’espace sous étagère, puis comparez au plus grand des trois chiffres du tableau : c’est la seule façon de ne pas se tromper. Pour un plateau ou un service, pensez au diamètre disponible une fois le couvercle enlevé et le panier posé à côté, parce que le panier ruisselant a besoin de sa propre place. Nos services à thé sont dimensionnés en tenant compte de ce détail.

Choisir selon le thé que vous buvez vraiment

Thé en vrac au quotidien, un ou deux par jour. Une 550 ml à 800 ml avec panier inox. Vous couvrez la tasse du matin et le service à deux le soir sans jamais chauffer d’eau pour rien.

Grandes feuilles roulées et wulong. Ces feuilles gonflent beaucoup, parfois jusqu’à occuper plusieurs fois leur volume sec. Un panier étroit les bride et vous n’obtiendrez jamais la rondeur du thé. Prenez une contenance généreuse, 800 ml et plus, et ne remplissez le panier qu’au tiers.

Fleurs de thé. Une boule de feuilles cousue qui s’ouvre dans l’eau chaude. Il lui faut de la hauteur et de la transparence, et surtout pas de panier. Sur nos références, la solution est de retirer le panier et de laisser la fleur dans le corps de la théière ; on transvase ensuite. Les formes carafe et perle, larges au ventre, s’y prêtent mieux que les formes tour.

Tisanes et infusions. Volume important par nature, feuilles et fleurs encombrantes, temps long. Le panier inox est indispensable sinon vous récupérez des morceaux de camomille dans chaque tasse. Visez 800 ml ou plus.

Infusion à froid. Voir la section dédiée plus bas ; toutes nos références conviennent, aucune n’est vendue comme carafe réfrigérateur.

Vous voulez aussi chauffer l’eau. Ce n’est pas cette catégorie. Une bouilloire en fonte le fait, et une théière en verre à fond plat conçue pour la plaque aussi, mais nous n’en proposons pas.

Température de l’eau et temps d’infusion, famille par famille

Les valeurs ci-dessous ne sont pas les nôtres. Elles sont reprises de sources publiques consultables, et nous indiquons lesquelles plutôt que de vous demander de nous croire sur parole. Les thés blancs, verts, noirs et pu-erh proviennent des articles correspondants de Wikipédia en français.

Famille Température Temps Remarque
Thé blanc 80 à 85 °C 2 à 3 min Certaines sources vont jusqu’à 5 voire 10 min ; d’autres préfèrent des infusions courtes et répétées
Thé vert japonais 70 °C 1 min 30 à 2 min 30 Jusqu’à trois infusions, les suivantes pas plus d’une minute
Thé vert chinois 70 à 80 °C 3 à 5 min —
Matcha 90 °C battu au fouet Pas d’infusion : la poudre reste en suspension
Thé noir 90 à 95 °C 3 à 4 min Une minute de plus pour les feuilles entières ou les thés servis au lait
Pu-erh environ 95 °C, 85 à 89 °C pour les vieux quelques secondes la première fois, puis on allonge Les bons pu-erhs supportent de nombreuses infusions successives

Deux remarques d’usage. Un thé infusé trop longtemps devient amer : pour un thé plus corsé, augmentez la quantité de feuilles plutôt que la durée. Et si vous n’avez pas de bouilloire à température réglable, la méthode la plus simple pour descendre sous les 100 °C est d’attendre : quelques minutes après l’ébullition, l’eau a perdu assez de degrés pour un vert ou un blanc. C’est d’ailleurs la recommandation qu’on retrouve chez les spécialistes de la fonte japonaise, qui conseillent de laisser reposer l’eau cinq minutes après ébullition pour ces deux familles.

Pour les wulong, fiez-vous à l’indication du marchand qui vous vend les feuilles. La famille est trop large, les pratiques trop différentes d’un thé à l’autre.

Combien de feuilles dans le panier

La dose la plus souvent citée pour un thé noir est de 4 grammes pour 200 ml d’eau. Appliquée à nos contenances, cela donne le tableau suivant. Considérez-le comme un point de départ à ajuster selon votre goût et selon le thé.

Contenance Feuilles à 4 g pour 200 ml
350 ml 7 g
400 ml 8 g
550 ml 11 g
780 ml 15,6 g
800 ml 16 g
850 ml 17 g
950 ml 19 g
1000 ml 20 g

Regardez ces chiffres et regardez la taille de votre panier. Vingt grammes de grandes feuilles entières, une fois gonflées, occupent un volume considérable. C’est là que se joue la différence entre une théière qui infuse bien et une théière qui étouffe le thé. Si le panier vous paraît petit pour la contenance, infusez avec moins de feuilles et acceptez un thé plus léger, ou passez à un format au-dessus.

Infusion à froid et passage au réfrigérateur

L’infusion à froid consiste à laisser les feuilles dans de l’eau non chauffée pendant plusieurs heures. Pour un thé vert, la durée citée est de huit heures, à température ambiante ou au réfrigérateur. Le résultat est nettement moins amer qu’un thé chaud refroidi, parce que les composés amers s’extraient mal à basse température.

Une théière en verre s’y prête bien : on remplit, on met le panier, on ferme, on oublie jusqu’au lendemain matin. Deux points pratiques cependant. La hauteur intérieure de votre réfrigérateur doit accueillir le plus grand des trois chiffres du tableau, et sur les grands modèles ce n’est pas gagné : 19 cm sur la perle nervurée transparente, 18 cm sur la théière à panier vapeur. Les formes compactes passent partout : le cube de 8,5 cm, la perle compacte de 11 cm.

Second point, et il est sérieux : ne passez jamais une théière en verre du réfrigérateur à l’eau bouillante, ni l’inverse. La résistance au choc thermique du borosilicate est bonne, elle n’est pas infinie, et un écart de quatre-vingts degrés appliqué brutalement sur une paroi froide est le meilleur moyen de fêler un objet qui aurait duré dix ans. Laissez revenir à température ambiante entre deux usages opposés.

Le bec verseur : est-ce que ça goutte

Question rarement traitée, et pour cause : la réponse est inconfortable. Un bec en verre soufflé goutte plus facilement qu’un bec en métal ou en porcelaine, parce que le verre est mouillant et que la lèvre du bec est rarement taillée en arête vive. Sur une théière en verre, la goutte qui revient sous le bec est un comportement normal, pas un défaut de fabrication.

Ce qui l’atténue vraiment : verser d’un geste franc plutôt qu’en hésitant, redresser d’un coup sec en fin de service au lieu de relever lentement, et ne pas remplir la théière à ras bord. Ce qui ne l’atténue pas : rien de ce qu’on peut acheter. Nous ne promettons pas qu’un modèle ne goutte jamais. Si ce point est bloquant pour vous, un dessous de théière ou un plateau de service règle le problème mieux que n’importe quelle promesse commerciale.

Verre, fonte, porcelaine : le comparatif que personne ne pose

Critère Verre borosilicate Fonte Porcelaine
On voit l’infusion Oui, c’est le seul Non Non
Poids à vide, référence de notre catalogue 129 à 540 g 1,3 kg pour 900 ml Selon le modèle
Poids en service 479 à 1 540 g 2,2 kg pour la 900 ml Selon le modèle
Conservation de la chaleur Faible, c’est son point faible Élevée, c’est son argument Intermédiaire
Mémoire des arômes Aucune, matière non poreuse Aucune si émaillée à l’intérieur Aucune
Peut chauffer l’eau Pas nos modèles Oui pour un tetsubin, jamais pour une émaillée Non
Induction Non Oui pour les modèles prévus Non
Micro-ondes Oui, panier et couvercle retirés Jamais Selon le décor
Risque principal Casse au choc mécanique Rouille, émail ébréché Casse, éclats sur le bec

Le tableau ne désigne pas de gagnant. Il dit simplement où chaque matière est forte. Si vous buvez seul et vite, le verre gagne. Si vous servez quatre personnes pendant une heure, la fonte gagne. Beaucoup de gens finissent avec les deux, et c’est un choix rationnel.

Styles et associations de matières

Trois familles esthétiques se croisent dans cette catégorie, et elles correspondent à des usages différents.

Tout verre. Corps, couvercle et parfois filtre dans le même matériau. Rendu le plus discret, le plus facile à assortir, et le plus sensible aux traces de calcaire, qui se voient sur une surface uniformément transparente.

Verre et acier inoxydable. C’est le cas de nos références : panier inox, souvent un jonc métallique au couvercle. Le contraste marque la ligne de l’objet et la partie qui reçoit les feuilles est aussi la plus facile à nettoyer.

Verre fumé. Certains de nos modèles sont proposés en anthracite : la perle nervurée 950 ml et la théière à panier vapeur 1000 ml. Le verre teinté atténue la transparence, ce qui est un choix esthétique assumé mais réduit un peu l’avantage principal de la matière : on voit moins bien monter la couleur. À prendre en connaissance de cause.

Les nervures, présentes sur plusieurs modèles, ne sont pas qu’un motif : une paroi nervurée offre une meilleure prise en main sur un objet mouillé. C’est le genre de détail qui ne se voit pas sur une photo et qui se remarque au troisième service.

Entretien, tanins, lave-vaisselle

Le verre se salit de deux façons distinctes, et on les traite différemment.

Le voile de tanin est un dépôt brun qui s’installe sur les parois et surtout dans le panier. Il ne part pas à l’eau claire. La méthode la plus efficace et la moins chère : bicarbonate de soude et une éponge non abrasive, ou un trempage au vinaigre blanc dilué pour un dépôt ancien. Rincez longuement ensuite, sinon le thé suivant prend le goût du vinaigre. Ne prenez jamais d’éponge métallique : elle raye le verre de façon définitive et une rayure est un point de départ de fissure sous choc thermique.

Le calcaire laisse un voile blanchâtre, plus visible sur un verre transparent que sur n’importe quelle autre matière. Même traitement au vinaigre blanc. Si votre eau est très dure, le voile revient vite, et c’est une raison sérieuse d’utiliser une eau filtrée, qui améliore aussi le goût du thé.

Lave-vaisselle. Les cycles longs à haute température ternissent le verre à la longue et les produits agressifs attaquent les finitions. Nous conseillons le lavage à la main, à l’eau chaude, sans détergent parfumé. Un rinçage sitôt après le service évite quatre-vingt-dix pour cent du travail : les tanins s’installent surtout quand on laisse sécher.

Le couvercle mérite une mention : les modèles à jonc métallique ou à joint doivent sécher ouverts, sinon l’humidité stagne sous le joint.

Trois familles de formats

Trois familles dans cette catégorie, et elles correspondent à des choses concrètes.

Les modèles de 350 à 550 ml : forme carafe, forme tour, perle compacte, perle haute, contemporaine. Ce sont les formats une à deux personnes.

Les modèles de 780 à 950 ml. Plus de verre, plus de panier, et le passage du service individuel au service de table.

La référence à panier vapeur, 1000 ml, en verre anthracite. Elle pèse 540 g à vide, ce qui donne une idée de la matière engagée.

Vous trouverez des théières en verre à quinze euros ailleurs. Elles existent, elles infusent du thé, et elles ont souvent un panier peu profond et une paroi mince. Nous ne prétendons pas que la nôtre fait un meilleur thé par magie ; nous disons que le panier, le poids et la finition ne sont pas les mêmes, et vous avez tous les chiffres ci-dessus pour comparer avec ce que vous trouvez ailleurs. C’est exactement pour ça qu’on les publie.

Pièces détachées : couvercle cassé, filtre perdu

La question arrive toujours après l’achat, jamais avant, et la réponse honnête est courte. Nous ne proposons pas aujourd’hui de couvercle ni de panier vendus séparément pour ces références. Si vous cassez un couvercle, la théière reste utilisable mais perd une partie de sa tenue en chaleur. Si vous perdez un panier, un infuseur à thé universel de diamètre adapté fait le travail, à condition de vérifier le diamètre du col : mesurez le vôtre avant d’acheter un remplacement.

Nous préférons écrire cette limite plutôt que de la laisser découvrir. Si la disponibilité des pièces est un critère pour vous, elle doit peser dans votre décision.

Questions fréquentes

Une théière en verre, ça casse facilement ?

Il faut séparer deux risques. Au choc thermique, le borosilicate est très résistant : son coefficient de dilatation, 3,3 × 10⁻⁶ K⁻¹, vaut environ 40 % de celui d’un verre à vitre, donc les contraintes internes créées par un écart de température sont bien plus faibles. Au choc mécanique, en revanche, c’est du verre : une chute sur du carrelage se termine mal. Les précautions utiles sont de ne pas poser une théière chaude sur une surface froide et humide, de ne pas la sortir du réfrigérateur pour y verser du bouillant, et de ne jamais la frotter avec une éponge métallique.

Peut-on y verser de l’eau bouillante directement ?

Oui, ce sont des théières d’infusion, faites pour recevoir l’eau chaude. Un geste réduit encore le risque : versez un fond d’eau chaude, faites tourner, jetez, puis remplissez. La paroi monte alors en température progressivement. Ce préchauffage a un second bénéfice, il évite que les premiers degrés de votre eau partent dans le verre froid au lieu d’aller dans le thé. Attention en revanche à ne jamais verser de bouillant dans une théière sortie du frigo.

Combien de tasses avec 1 litre ?

Cinq tasses de 200 ml en comptant la contenance annoncée, qui est un volume maximal bord à bord. Dans la vraie vie, comptez un peu moins : il faut de l’espace sous le couvercle, le panier occupe du volume, et un fond reste toujours dans la théière. Si votre objectif ferme est cinq tasses pleines, prenez la 1000 ml. Si vous visez quatre, la 950 ml ou la 850 ml suffisent largement.

Est-ce que ça passe au lave-vaisselle ?

Nous conseillons le lavage à la main : les cycles chauds répétés ternissent le verre et les détergents s’attaquent aux joints et aux finitions. Un rinçage à l’eau chaude juste après le service suffit dans quatre-vingt-dix pour cent des cas, et c’est ce qui empêche les tanins de s’installer.

Peut-on la mettre au micro-ondes ?

Le corps en verre, oui. Le panier en acier inoxydable et les couvercles à jonc métallique, non : le métal provoque des arcs dans un four à micro-ondes. Retirez donc panier et couvercle avant de réchauffer. Cela dit, un thé réchauffé devient amer, et il vaut presque toujours mieux réinfuser des feuilles fraîches.

Quelle taille prendre pour une seule personne ?

350 ou 400 ml. La forme carafe 350 ml pèse 129 g et forme un cube de 8,5 cm de côté, donc elle se range n’importe où. La forme tour 350 ml occupe encore moins de place au sol, 7,5 sur 7,5 cm, et gagne en hauteur. Si vous vous resservez systématiquement, prenez plutôt 400 ml : deux tasses de 200 ml plutôt qu’une et un fond.

Le verre donne-t-il un goût au thé ?

Non. Le verre n’est pas poreux et n’échange rien avec l’infusion. C’est d’ailleurs son principal atout face aux matières qui se culottent : vous pouvez enchaîner un thé fumé et un jasmin dans la même théière, à condition de la rincer à l’eau chaude entre les deux. Le seul goût étranger possible vient d’un dépôt de tanin ancien ou d’un résidu de produit vaisselle mal rincé.

Pour comparer avec les autres matières, la page générale des théières reprend les critères de choix famille par famille. Si vous savez déjà que vous voulez un panier intégré quel que soit le matériau, passez par les théières avec infuseur.